Polar "La muraille de lave" Arnaldur Indriðason

Avis

J'ai l'impression que ce roman est une sorte tentative de l'écrivain de sortir de la trame habituelle de ces autres récits

Trame habituelle ???
La plupart des romans sont racontés par l'inspecteur Erlendur.

Erlendur est islandais. Son histoire personnelle est très intimement liée à l'Islande. Son enfance a été marquée par la disparition de son frère dans une tempête de neige. Les disparitions non élucidées et/ou liées au climat de l'Islande sont souvent présentes.
J'ai même remarqué une certaine indifférence vis-à-vis de l'étranger.
Erlendur, si mes souvenirs sont exacts, ne part jamais à l'étranger, n'émet jamais (ou alors j'ai oublié) un jugement de valeur sur les autres pays.

Erlendur est empathique. Ce qui l'intéresse ce sont les gens bien plus que les faits. Il est profondément touché par la détresse des proches (au point de souvent se lancer à corps perdu sur des intuitions).

Dans le roman, le narrateur est l'inspecteur Sigurdur Oli.

Il admire les États-Unis. Il ne parle jamais de l'Islande en termes positifs. Il manifeste même parfois son mépris (vis-à-vis de la télévision islandaise par exemple).
Ah... encore une différence : Erlendur lit.

Il n'a presque aucune empathie pour les victimes et il exècre les délinquants. Il prend même le temps de dire leurs quatre vérités à des délinquants arrêtés dont il n'a pas la charge.

Le problème d'empathie est même plusieurs fois amené comme un défaut plus que pénible par ses proches. 

Contrairement à Erlendur il n'a pas d'enfants.

Je me suis donc dit qu'Arnaldur Indriðason s'est lancé un challenge : "Suis-je capable d'écrire un roman avec pour personnage central quelqu'un de radicalement différent d'Erlendur ?"

La réponse est "oui, mais..."

Oui

L'histoire est comme pour les autres récits très bien construite.
Les autres personnages sont crédibles. Les maux de la société islandaise sont réels et réalistes.

Mais...

Vous serez accompagné par Sigurdur Oli qui est détestable.
Détestable, mais soyons honnêtes : il est "Vrai".
Et je serais encore plus honnête, Sigurdur Oli me ressemble un peu beaucoup.
Paradoxalement, j'aime les romans qui me montrent avec acuité mes propres défauts.
Sigurdur Oli a quand même plusieurs qualités : il est intègre et lucide y compris sur ses propres travers et maladresses personnelles aussi bien que professionnelles.

Vous voilà prévenus !

Commentaires

  1. J'aime bien l'idée de personnages détestables... Même si je sais que ça va m'énerver ;)

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