Trois coups contre ma porte, Michael Roch (nouvelle)

Résumé éditeur

Au milieu de la foule de l'Imaginarium, cette boîte de nuit aussi branchée que bondée, il y a les corps qui s'entremêlent, suants, au rythme des basses qui résonnent dans ton estomac et des spots qui dansent frénétiquement. Et puis il y a cette fille... Ses hanches, ses seins, sa nuque... il suffirait de tendre la main, de lui saisir le poignet et de la ramener à la maison. Elle va te rendre dingue, si ce n'est pas déjà fait. Parce qu'il y a cette voix dans ta tête, et puis ce drôle de type, le smartboy italien qui te regarde d'un air amusé, mais que personne d'autre que toi ne semble voir. Et le type te sourit, et il dit: « Elle s'appelle Béthanie. » Alors tu te lèves, les yeux embrumés par l'alcool, et tu t'approches de Béthanie. Et tu sais déjà que tout ça finira dans le sang. Trois coups contre ma porte est un texte court (environ 40 pages) dans la collection MICRO des éditions Walrus, par l'auteur de La Boîte de Schrödinger - Expérience 1.

Mon avis

Avis difficile à donner.
Je pourrais dire "whouahhh", "grosse baffe", "quelle claque", ... mais ces analyses profondes (n'est pas ?) ne rendrait pas justice à cette nouvelle.
C'est une nouvelle qui vous laisse une marque presque physique.

Comment ?

Par un côté dont je dois vous prévenir : c'est cru, violent parfois gore, macabre et sexuel...
Vous voilà prévenu. Il faut pouvoir encaisser cette violence et ce ton direct.
Mais cette nouvelle n'est pas que cela !!!
C'est surtout une sorte de cauchemar halluciné. D'errance d'un mec perdu qui parle à lui-même, qui parle parfois à un autre gars (mais est-ce bien quelqu'un ?).
Ce mec a des trous de mémoire, qui correspondent à des trous dans le récit. Récit qui recommence comme dans un flash.
Et c'est, parfois dans ces creux, dans ces non-dits ou dans ces phrases qui se glissent au milieu de cette folie qui Michael en dit beaucoup.
Il le dit bien.
On se surprend, interloqué, à relire ces phrases.
Les phrases qui ne sont justement pas celles de la violence crue du reste, mais celle d'une destruction plus profonde.
C'est une nouvelle qui remonte des choses profondes des abysses comme si elles attendaient là cachées.
Difficile de décrire ! C'est avec ce genre de nouvelle que je trouve clairement ma limite de lecteur.
Je manque de mots pour écrire ici ce qu'on peut ressentir à la lecture de la nouvelle.

Alors je vais essayer de trouver un parallèle cinématographique...

J'ai pensé donner en exemple "Fight club", "Donnie Darko" ou "Memento", mais c'est "The machinist" qui collerait plus avec le côté cauchemar, trous de mémoire, malaise latent et compagnon énigmatique

Un aperçu :

Vous aurez compris que c'est une nouvelle que je recommande beaucoup, mais pas à tout le monde.
Elle marque et en écrivant ça je me dis déjà qu'il va falloir laisser décanter un peu et sans doute revenir sur cet avis...
D'habitude, je me dis qu'une nouvelle c'est trop court. Ici, ce n'est tout simplement pas relevant.

Une note sur la forme

Sans en révéler, la nature : j'ai beaucoup aimé la structure de la nouvelle.
Et l'ebook est impeccablement mis en page comme d'habitude chez Walrus.

D'autres avis

Commentaires

  1. Super chronique ! Vraiment, c'est ce que j'ai ressenti aussi à sa lecture. Michael, à mon avis, a un bel avenir littéraire. Mais oui comme tu le dis, pas facile de parler de cette nouvelle puissante et triste, il faut l'avouer.
    Très beau retour, et merci pour l'envoi vers mon blog ( je ferai de même au plus vite )
    A bientôt

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  2. Un énorme Merci pour tta chronique! Merci pour avoir pris le temps de trouver les bons mots pour décrire tes émotions "à chaud" ressenties lors de ta lecture! C'est exactement ce que j'ai voulu partager: une secousse, un choc électrique, un saisissement, un boulversement, quel mot pour ça? Marquer, et pas seulement l'esprit du lecteur.
    J'ai vu The Machinist après la publication par Walrus. C'est vrai: le film et la nouvelle sont très proche. C'est une des raisons pour laquelle je l'ai adoré. L'interprétation de Bale est aussi admirable!
    Côté inspirations pour cette nouvelle: l'album Initials B.B. de Serge Gainsbourg et American Psycho de Bret E. Ellis (pour les connaisseurs) mais sans son côté chiant - les descriptions de paires de chaussettes en trois pages.

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  3. J'ai ajouté un lien vers la chronique de Lilian

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